Jeudi 4 juin 2009
Hier soir, avec un peu de retard (merci “C+ à la demande”), j’ai regardé le premier épisode de “Sweet Dream”, la “série sur les vrais ados”, comme la presse aime tant le dire. Comme si il n’existait qu’un seul profil d’adolescent en France. Un ado mal dans sa peau, en révolte contre le système et ses parents, adepte de l’alcool et des petites pilules. Bref. Ca faisait un moment que la France était à la recherche de son Skins. Comme si cela représentait une formule qu’on pourrait utiliser à toutes les langues. Encore une fois, on semble ne pas bien comprendre ce qui fait la spécificité des séries anglo-saxonnes...
Mais bon, ce n’est pas trop grave, car Sweet Dream est quand même, à mon avis, une réussite. Bien plus que la très ratée “hard” de l’année dernière. Parce que même si, indéniablement, 80 % des situations sont pompées sur Skins, si quelques séquences ne sont pas toujours très claires et si en France on ne sait toujours pas comment filmer les scènes de fêtes, le résultat est quand même 1000 fois plus jouissif que tout ce qui s’est fait sur le sujet, de “CCC” à “la vie devant nous” en passant par “Foudre”.
Ici, on est dans le vrai (comprendre “crédible”) sans (trop) tomber dans le caricatural, on comprend assez vite qui sont les protagonistes principaux et quelles sont leurs problèmatiques, c’est plutôt bien réalisé (miracle, enfin un réalisateur qui sait comment filmer en caméra épaule), l’image est belle et surtout, le ton employé, les situations mises en scènes sont beaucoup plus audacieuse que ce qui se fait habituellement à la télé. Encore une fois, chapeau à Canal Plus pour offrir cette liberté là aux auteurs.

Une liberté qui n’est malheureusement pas illimitée. Si Skins se déroule en saison de 10 épisodes, ce n’est pas un hasard. Ici, 3 fois 26 minutes, c’est beaucoup, beaucoup trop peu. Et du coup, ça gâche un peu le plaisir. Prenons par exemple le personnage de Capucine dans SD, qu’on pourrait plus ou moins rapprocher de celui de Michelle dans Skins. Sur le papier, ces deux belles filles ne sont pas vraiment très sympathique. Belles, sûr d’elles, un peu bitch sur les bords (surtout Capucine), elles seraient même de celles qu’on déteste. Mais on aime malgré tout Michelle parce qu’on voit ce que Tony lui fait vivre au fil des épisodes. L’empathie, automatiquement, fonctionne, même pour un personnage pour qui il n’est pas obligatoire d’en avoir. Pour Capucine, c’est beaucoup plus compliqué. Dès le début, elle est dans une situation difficile mais le fait est qu’on s’en fout royalement, le personnage ne nous ayant jamais été présenté dans une situation de faiblesse nous permettant de prendre parti pour elle. Bref, tout n’est pas parfait, mais c’est déjà plus que pas mal !

Sweet Dream est diffusée sur canal Plus les lundi 1, 8 et 15 juin à 22h30
Par Cedric Perrin - Publié dans : Critiques - Communauté : Les scénaristes blogueurs
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  • : Cedric Perrin
  • dramadramadrama
  • : Homme
  • : 07/03/1973
  • : 30
  • : scénario scénariste série télé Cedric Perrin
  • : Scénariste, représenté par l'Agence Lise Arif

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