Samedi 24 octobre 2009
Fin d’après midi, ce samedi. Tout avait pourtant bien
commencé. Il fait beau, il fait chaud (25° au soleil), ma mère a traversé la France pour me rendre visite et le rosé coule à flot. Et vla-ti-pas que je vois que Monsieur Manuel R. headmaster du
site Spin-off, dont j’ai déjà parlé ici il y a peu, s’en prend sur son twitter à la série “Comprendre et pardonner”, sur M6. Bon, la série, je ne l’ai pas regardée, parce que je buvais du rosé,
justement, mais je la connais un peu pour avoir, comme la moitié des scénaristes français, passé un test pour en être l’un des dialoguistes. Petite précision en passant, ce n’est pas moi qui ait
démarché, pour le coup, on était venu me (nous) chercher et, comme beaucoup, ça n’a pas été plus loin. Jusque là, rien de grave, c’est même plutôt amusant jusqu’au moment où je vois passer un twitt
qui dit, je cite “L’une des scénaristes a travaillé sur Plus belle la vie, Foudre, Seconde Chance et la vie est à nous. CQFD”.Et là, c’est le drame. ;)
D’abord, j’en avais parlé il y a peu sur ce blog (sans pour autant convaincre mon interlocuteur), et donc je confirme : il me semble vraiment impossible de résumer un auteur à ce qu’il a écrit pour vivre. Ce (ou cette) fameuse dialoguiste, qui a donc oeuvré pour les séries citées plus haut n’est pas 1/ une personne stupide et 2/ une dialoguiste de merde sous prétexte qu’il a écrit pour des séries qui ne sont pas des modèles d’écriture, dans le sens “HBO” du terme. Et si ça se trouve, cet auteur écrit en même temps des putains d’histoires avec des putains de personnages mais qui ne seront jamais mis à l’antenne car ça ne correspond pas “à ce que les chaînes recherchent aujourd’hui” (pour le dire poliment...). Si un jour cet auteur a carte blanche pour écrire ce qu’il veut, que c’est à l’antenne et que c’est de la merde (et là encore, c’est subjectif), là, ok, on pourra remettre son talent en question. Mais en attendant, sur des commandes...
Ensuite, “Comprendre et pardonner”, c’est vraiment un exercice particulier. C’est une adaptation d’un format russe et le travail des dialoguistes est d’adapter les dialogues d’origines, traduits par Systran (humour) tout en respectant la charte de la série. Et la charte de la série, c’est : zéro humour, zéro second degré. C’est comme ça. C’est la commande. On peux toujours trouver ça débile, se dire qu’on vaut mieux que ça et essayer, quand même, de donner un peu de dimension au texte : c’est même pas la peine d’y penser, tu seras jeté direct. Et un auteur qui n'écrit pas, il peut toujours êre un génie (dans le sens HBO, toujours), ben c'est tout simplement pas un auteur.
Avec JC, à l’époque, on a pas réussi à se fondre dans le moule et je dis vraiment, sincèrement, aux auteurs qui ont eu la souplesse pour se plier à cet exercice : bravo ! Il fallait quand même le faire....
2 remarques de l’ami Manu m’ont ensuite fait passer pas loin de l'infarctus (à moins que ce ne soit le rosé...) : “l’auteur est un artisan de la médiocrité de programme que M6 a souhaité voir sur son antenne” et “Quand tu vois Kaamlott, tu vois bien qu’un auteur peut ne pas qu’être un pantin”.
Je dois donc déduire de la première phrase qu’un VRAI auteur, c’est celui qui refuse de participer à la création d’un fiction qu’il n’estime pas être la meilleure jamais produite à l’écran. Et que s’il se compromet dans une merde, c’est qu’il ne vaut pas mieux. Pour le coup j’aimerai savoir qui, à part 2 - 3 auteurs (genre Marc Herpoux), peut se vanter d’avoir écrit que des trucs dont il est particulièrement fier.
La seconde phrase, elle, me fait comprendre qu’il n’y a point de salut pour un auteur quand il n’est pas un créateur. Et quand il ne reste pas le seul maître à bord, également. Parce que Alexandre Astier, il fait tout tout seul et ça comprend l’écriture. Donc si tous les créateurs de série se mettent à faire comme ça, bon ben je crois qu’on peut tous (à part, allez, 10 auteurs), aller se rhabiller. Et encore, faudrait aussi avoir le bol de tomber sur une prod qui te suit à 100% (Calt) et une chaîne qui te fait (plus ou moins) confiance.
Bref, Manu, en toute amitié, je te le dis, vu qu’on est que tous les deux, là, c’est n’importe quoi. Si “Comprendre et pardonner”, c’est de la merde, je t’invite à ne pas regarder, c’est le meilleur moyen pour qu’à terme, ça disparaisse de l’antenne. Et pour le reste, je t’invite à te renseigner un peu plus. Parce que, je suis désolé, mais tu ne sais pas VRAIMENT comment ça se passe dans ce métier. Avoir eu des entretiens avec Hervé Hadmar et Olivier Kohn, c’est génial, ça fait rêver, mais ça n’est en aucun cas représentatif de ce qu’est le métier de scénariste, aujourd’hui, en France. On pourra toujours dire que c’est “ce que ça devrait être”, je suis d’accord, mais c’est loin, très loin, trop loin, de la vraie réalité de ce métier. Je le regrette tout comme toi, mais c’est comme ça.
Sur ce, bon week-end.
Hier soir, avec un peu de retard (merci “C+ à la demande”),
j’ai regardé le premier épisode de “Sweet Dream”, la “série sur les vrais ados”, comme la presse aime tant le dire. Comme si il n’existait qu’un seul profil d’adolescent en France. Un ado mal dans
sa peau, en révolte contre le système et ses parents, adepte de l’alcool et des petites pilules. Bref. Ca faisait un moment que la France était à la recherche de son Skins. Comme si cela
représentait une formule qu’on pourrait utiliser à toutes les langues. Encore une fois, on semble ne pas bien comprendre ce qui fait la spécificité des séries anglo-saxonnes...
Avant, quand j’étais petit, je regardais Stéphane
Kaminka répondre aux journalistes pendant le festival d’Aix les Bains et je me disais qu’un jour, peut être, je trouverai le courage de lui dire bonjour. Aujourd’hui, ce dernier caresse mon pull
home-made dans un restaurant branchouille de la capitale. Est-ce le signe que je suis devenu grand ? ;)
Hier soir, je participais à ma première Listening Party.
D’ailleurs, avant toute chose, il faut que je remercie une nouvelle fois Alain Bauchart pour m’avoir permis de vivre ça. Bon, donc comme je ne le disais, j’étais hier soir en listening party pour
la sortie prochaine (le 30 mars) du tout nouvel album du meilleur groupe du monde, c’est à dire Archive.
Envie d’aventure ou réminiscence d’esprit
corporate, je ne sais pas très bien, toujours est-il qu’hier je suis allé voir Le séminaire Caméra Café” au cinéma.
Alors, certes, Jack, Tony et toute la clique du CTU sont de
retour (et ça fait du bien), certes, la dernière série dérivée de la saga Stargate aussi (Lost, avec ses boutons magiques et ses îles qui disparaissent - énorme revers d’audience aux USA,
d’ailleurs), mais le plus important, c’est quand même la diffusion de la seconde partie de la dernière saison de Battlestar Galactica. 10 petits épisodes qui nous séparent de la conclusion de l’une
des séries les mieux écrites de la télévision. Je sais que je l’ai déjà dit ici, et je le répète sans trop de honte, le travail de Ronald Moore sur le show est à tous niveaux exemplaire. Pour s’en
convaincre, si ce n’est déjà fait, il n’y a qu’à regarder l’épisode 4.11, où les scènes magistrales sont légion (Roslin face au peuple, Adama face à Tigh, Dualla face à elle-même..). Qu’on aime ou
pas la science fiction (moi je ne suis pas plus fan que ça, en fait), on en peut que reconnaître la force de la vision, la cohérence du propos et la justesse du travail de Moore et des autres
auteurs de la série. Si ce n’est déjà fait, ou si vous avez près de vous quelqu’un qui ne regarde pas encore cette série, je vous invite à le faire (avec lui ou elle), vous ne le regretterez
pas.
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