L'avis, la vie...

Lundi 5 octobre 2009
Aujourd’hui, j’ai envie de m’interroger, pour changer, sur les blogs de scénaristes. Bon, ok, je sais, c’est pas nouveau, mais c’est comme ça. Et puis en ce moment ça me travaille pas mal.

2 éléments récents m’ont poussé à rédiger cette petite note.

Le premier, ce sont les chiffres. Depuis la rentrée, mon blog connaît une belle progression au niveau de la fréquentation. Bon, rien d’extraordinaire non plus, mais je tourne quand même à une petite centaine de visites par jour, ce qui, pour cette niche qu’est le métier de scénariste, est sans doute pas trop mal. Ce qui est intéressant de voir, c’est que, à part au moment ou il y a quelques années j’ai commencé à devenir “professionnel” (je dépassais les 150 visites par jours), rien ne semble fonctionner mieux que de faire part de ses échecs et de ses problèmes. L’année dernière, et début 2009, quand tout allait bien, on me disait que le blog était devenu chiant et je voyais la courbe d’audience chuter. Et maintenant que la rentrée, plutôt difficile, est là, ça augmente à nouveau. Du coup je me pose la question : ce blog est suivi par mes amis et ma famille, certes, mais il l’est aussi par des professionnels de la profession (qui me connaissent souvent par mes blogs avant de me rencontrer en vrai). Dès lors, qu’est-ce qui motive leur visite pendant ces périodes précises ? Le besoin de se rassurer en se disant que pour moi aussi les temps sont durs* ?  L’envie de vérifier que je ne risque toujours pas de prendre leur place ? L’attrait de la galère ? Autre chose ?
Alors oui, c’est vrai, quand il y a du conflit, quand il y a des remises en question, c’est plus bandant que quand quelqu’un réussit (et pas vous).

Mais quand même...

L’autre élément, c’est la note d’un lundi de pluie de mon cher ami et collègue JC. Non pas que je ne partage pas certaines de ses inquiétudes (même si c’est dans un sens un peu plus facile pour moi), mais cette note pose une nouvelle fois la question de ce qu’on peut/doit écrire sur un blog. Parce qu’au fond, moi, j’écris un blog pour 2 raisons. D’abord par catharsis, parce que ce métier est si durs par bien des aspects que je n’arrive que très mal à l’envisager sans cet exutoire. Sans doute aussi parce que j’aime bien parler de moi, c’est vrai. L’autre raison, c’est de m’en servir comme d’une vitrine de ce que je suis, comme homme, donc comme auteur. Le problème, c’est que, parfois, ces deux motivations entrent en opposition. Il y a quelques années, j’ai voulu porter un jugement un peu “mitigé”, disons, sur une série sur laquelle j’avais travaillé. ON m’a conseillé d’éviter de dire du mal (ou du “moyen”) de quelqu’un qui nous avait fait bosser. Soit, j’ai juste le droit de me montrer reconnaissant. Ok. Quelques années auparavant, encore, je disais à quel point une collaboration avec un réalisateur s’était mal passée et je me suis retrouvé avec la menace d’un procès en diffamation. Soit, j’ai juste le droit de ne parler que des bonnes expériences. Mais pour le positif aussi, ça gène. L’année dernière, alors que nous écrivions des épisodes de P16 et que le plateau se montait à côté de nous, M6 m’a fait savoir par l’intermédiaire de mon agent que je devais cesser ça au plus vite. Et pourtant j’en parlais en bien. Soit, P16, c’était sans doute aussi top secret que la série Star Wars.
Donc je ne peux pas dire du mal, je ne peux pas dire du bien, je ne peux pas dire du moyen, alors qu’est-ce qui me reste ?
Réponse possible : moi.

Sauf que ce n’est pas si simple. Parce que si le blog est une vitrine, est-ce que nous ne sommes pas censé donner une “bonne image” de nous même ? Montrer que nous sommes jeunes, beaux, dynamiques, sucessfull, plein d’idées, d’envie d’en découdre avec la dramaturgie et les conseillers de programmes ? Est-ce qu’un producteur ne va pas hésiter avant d’appeler un scénariste déprimé qui couche ses doutes et ses peurs à longueur de post ? Est-ce qu’un Directeur d’écriture ne va pas réfléchir à deux fois avant de contacter un auteur qui dit sans cesse qu’il ne travaille pas et quedoncsiltravillepascestquilestpasbon ? Mais dès lors qu’on se censure AUSSI sur ce point là, est-ce qu’on ne perd pas l’effet catharsis de la démarche ? Parce que parfois, souvent même, l’écrire permet de mieux le vivre.

Motherfucker je crois qu’il n’y a pas de bonne réponse à tout ça...

Ce sont toutes ces questions qui m’amènent à me demander de quoi sera fait mon avenir bloguesque. C’est sans doute aussi pour ça que je poste moins depuis un moment. Parce que je ne sais pas s’il est vraiment bon de combler le vide par la lumière (réfléchissez un peu à cette phrase, vous allez voir, c’est énorme...).

A suivre.

* Je ne condamne pas du tout cette réaction. Moi-même, rien ne m’énerve plus qu’un auteur qui étale partout ses réussites, même si ce ne sont que des mensonges... ;)

Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Recommander
Vendredi 2 octobre 2009
Bilan mitigé pour ce séjour de 2 jours à la capitale (quelle ville magnifique). Alors bon, avant de me prendre une volée de bois verts (spéciale dédicace), oui, j’étais content de voir les Bossis-Hervé, de voir Emmanuelle (merci encore) et tous les autres. C’est d’un point du vu professionnel que je suis reparti déçu. Même si, en toute honnêteté, je ne sais pas très bien ce que j’en espérais. Sans doute juste un signe.

Et de signe il ne fut pas question. Pire, nous avons appris que la grande réunion-décision GDM était à nouveau reportée, cette fois au 14 octobre. Un report qui, chez moi, fait naître pas mal d’inquiétude quant à la conclusion de toute cette histoire. L’air de rien, ça fait maintenant plus de 2 ans qu’on travaille sur cette série. Et comme avec France Télévision, tout est possible...
A part ça, un bon rendez-vous chez Endemol, un rendez-vous annulé chez Telfrance et une Vdef qui se profile à l’horizon pour le pilote que nous écrivons pour MakingProd.
(Trop) maigre butin.

Mais ce matin je me suis levé sous le ciel bleu de Nîmes et ça me console.
On fait ce qu’on peut.

 
Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 27 juillet 2009
Le nombre de cartons dans mon bureau augmente à une vitesse folle il ne reste maintenant que quelques centimètres entre “bibelots salon” et ma souris. De toute façon, le bureau en question, je veux dire le meuble, est en vente sur ebay et aura donc disparu d’ici la fin de la semaine. De toutes façon niveau boulot, là, c’est un peu les vacances. Nous avons eu notre rdv chez TF1, on a rendu notre dernière commande la semaine dernière (notre remixage d’une série initiée par d’autres auteurs) et maintenant c’est du plus ou moins off d’ici la rentrée. Du off en terme de commande “pour hier” puisqu’il y a quand même pas mal de boulot en vue d’ici à septembre. Des sujets que je développe avec JC, une nouvelle série amusante et colorée avec Aurélie et pas moins de deux BD pour Merluche Comics (il y en a une qui s’est ajoutée ces dernières semaines - je devrais recevoir les contrats le mois prochain si tout va bien). Pour le moment c’est physiquement et (surtout) psychologiquement impossible de m’y mettre mais d’ici 3 semaines, quand je prendrai enfin mes marques dans mon tout nouveau bureau à l’étage (et oui), il sera temps de m’atteler à tout ça. Et d’ici là, on est pas l’abris d’une bonne nouvelle, non ?

Côté Internet, ma grande crainte, normalement tout devrait bien s'enchaîner. Mon abonnement chez Free, ici, s’arrête le 7 août et celui chez Orange à Nîmes devrait être actif à la même période. De toute façon, j’ai pour habitude de raconter ma vie, donc vous pourrez suivre ça en direct, même si je dois taper mes posts sur le clavier virtuel de mon Iphone...

See Ya !
Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mardi 21 juillet 2009
Chers téléspectateurs, que vous ayez aimé (ou pas) “L'hôpital”, “Ligne de Feu” ou “Flics”, rassurez-vous, il semble que tout cela ne soit qu’un “mauvais” souvenir. Nous qui sommes en contact (si on peut dire) avec la première chaîne de France via quelques producteurs, le message est clair. Out les semi-anti-héros, retours aux bonnes vielles valeurs, celles des comédies familiales le lundi et aux redresseurs de torts le jeudi. On prend les mêmes bobines qu’il y a 15 ans, on les rajeunit si possible (je parle des têtes, pas des structures narratives) et emballé c’est pesé. L’arrivée des nouvelles fictions a été, à part de rares exceptions (RIS), un échec, le retour aux bonnes vielles valeurs se précisent. Encore une fois, le public jugera.

Pour nous, auteurs, c’est une autre histoire. La fin de la saison aura été très compliquée et la rentrée s’annonce comme la plus difficile depuis que je fais ce métier. TF1 et France Télévision ont beau annoncer dans la presse qu’ils signent des conventions d’écriture à tour de bras, la réalité, elle, est plus compliquée que ça. Pour TF1, déjà, si l’on veut avoir une chance de proposer “sa propre série”, je pense maintenant qu’il est plus simple de demander aux conseillers de programmes ce qu’ils attendent plutôt que de se lancer, trop souvent pour rien. C’est un peu pour ça que nous allons, dans 2 jours, chez TF1. mais ensuite, ce n’est pas si simple que ça. Le ton TF1 est difficile a cerner, pour peu que l’on oeuvre pas pour eux depuis 15 ans, justement. Tant pour les commandes que pour les séries originales, on est en ce moment dans ce processus et rien ne dit que l’on réussira. Mon compère dit que c’est une question d’ADN. Il a peut être raison.
Depuis un moment déjà, on se dit que le salut vient du service publique. Là où l’on peut voir “Sur le fil”, “Une Village français” ou “FPC-FPC”. Ce n’est pas un hasard si, P16 mis à part, c’est sur F2 et F3 qu’a été diffusé tout ce que nous avons écrit. Mais ce relatif espace de liberté est plombé depuis des mois par les réorganisations perpétuelles des services de fiction. Les séries sont signées, plus annulées ou remodelées pour remplir une nouvelle case. C’est difficile de s’y retrouver. Pour ce que nous avons en route avec eux, on espère y voir plus clair à la rentrée.

Comment me vois-je dans tout ça ? Je ne sais pas trop. Comme je le disais plus bas, mes activités extra-professionelles me tiennent bien éloigné de ce genre de tourment. Mais je sais que ça n’aura qu’un temps et que cette situation me (nous) rattrapera. Il y a des auteurs capable de s’adapter à n’importe quel style, à n’importe quel ton. Malheureusement, ce n’est pas mon cas.

Mais sans avoir de réels indices, je continue de penser qu’il se passera bel et bien des choses et que, à l’image de ce que m’est arrivé depuis 5 ans, je trouverais le moyen de rebondir et de trouver des séries sur lesquelles je peux être ce que je suis. L’essentiel étant, comme le dit également mon compère “de ne pas mourir de faim d’ici là”.
Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 17 juillet 2009
1 mois pile après mon départ façon David Lynch, je me dis que c’est le bon moment pour donner signe de vie. Je ne vais pas bouder mon plaisir, les rideaux rouges ont eu l’effet escompté. Mais il faut dire que quelques semaines avant je disais que j’en avais raz-le-bol de ce blog donc il était difficile pour moi de rejouer la même chanson.

Pourtant, la cause en était plus ou moins la même. Une grosse lassitude du métier, des options pas payées, des changements d’avis des chaines, de la logique de certains producteurs quant au recrutement ses auteurs, et de tous ces projets qui n’en finissent pas de démarrer “la semaine prochaine cestsûretcertain”. Bref, la coupe était pleine et j’avais besoin de me cacher un moment. Derrière le rideau, donc.
Depuis, que s’est-il passé ? Pas grand chose. une commande intéressante et amusante à faire (remixer une série créée par d’autres, JC en parlait sur son blog), rédigée, mais qui attendra qu’on reçoive les contrats et les chèques pour être envoyée aux producteurs (c’est pas une question de confiance - j’ai confiance en eux - c’est une question d’équité), quelques pitch pour des séries de TF1 (no news depuis, comme d’hab) et c’est tout, en gros. C’est tout et c’est pas plus mal puisque l’essentiel de mon esprit est occupé par mon déménagement à 760 kilomètres de là, et à la préparation de ce bouleversement.
Et vous me croirez si vous voulez, mais ça fait un bien fou de ne pas penser à l’écriture, aux deadline virtuelles et aux paiements qui ne viennent pas. Ca fait relativiser, ça ouvre l’esprit, ça fait vivre autrement.

Sauf circonstances exceptionnelles, je crois que ce blog va donc végéter un peu jusqu’à la rentrée. Vous ne m’en voulez pas, hein ?

Sur ce, bonnes vacances !   
Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 17 juin 2009

.

Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Vendredi 12 juin 2009
Il y a quelques jours, en passant sur Facebook, j’ai vu qu’un collègue scénariste avait posté une photo prise de son Iphone et dans lequel on pouvait voir une séance d’atelier, avec tassé à café et tableau blanc qui vont bien. Moi, tout simplement, sur le mode “je m'intéresse”, je lui demande poliment “et c’est quoi cette série ?”. Réponse du scénariste facebookien : “c’est top secret”.
Je m’interroge. En fait, le secret est toujours quelque chose qui a titillé ma curiosité. On dit souvent que tout ne doit pas se savoir mais à ce sujet, j’ai toujours eu un doute. Et c’est sans doute pour ça que, d’une manière générale, je parle trop. Et que, sur mon métier en particulier je la ramène. Mais quand même, je me demande vraiment. Pourquoi est-ce si “top secret” ? Je veux dire, je comprends bien qu’on ne veuille pas trop parler d’un sujet pendant qu’on est en train de l’inventer (le scénariste a toujours l’impression qu’on va lui piquer son excellente idée), j’accepte qu’on ne veuille pas trop faire de pub pour une série sur laquelle on postule (le scénariste a toujours peur qu’on lui pique sa place) et je veux bien envisager qu’on ne veuille pas attirer le mauvais sort en parlant d’un projet avant qu’il ne soit signé (le scénariste est superstitieux), mais là, clairement si il y a un atelier, c’est que le truc est signé, en route, que ça roule, alors quoi ?

Est-ce la série la plus importante de la terre (une nouvelle saison de Miami Vice ?)
Est-ce que cela va avoir des répercussions politiques et économiques qui dépassent notre entendement ?
Est-ce qu’un meurtre a eu lieu pendant cet atelier d’écriture et que la photo nous donne un indice sur l’identité de l’assassin ?

Non, en fait je crois que le scénariste, d’une manière générale, aime bien faire son intéressant. C’est tout.
Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Mercredi 27 mai 2009
Bon, c’est vrai, ce n’est peut être pas comme être dans l’équipe des juré de Cannes avec Tarantino comme chef de fil, mais bon, c’est toujours ça. Après avoir présidé le premier festival Pixel sur Court l’année dernière, me voilà convié au festival du court métrage étudiant de la Sorbone, vendredi soir. Cette fois je ne préside pas (ça mérite peut être un scandale, je sais pas encore...), je me contente d’être juré.
Les étudiants sont des gens amusants, d’après mes souvenirs, donc je devrais bien me marrer...

Et puis qui sait, c’est peut être Quentin le Président...


Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 26 mai 2009
Et non, aussi surprenant que cela puisse paraître, je ne tourne pas ne rond. Et je ne suis même pas stressé non plus. Et pourtant, niveau attente professionnelle, en ce moment, c’est un peu le pompon. Des réponses de producteurs, de chaînes, les négociations financières pour les vampires, deux 90 minutes récurrents pour TF1, les derniers retours de France 2 sur GDM, il y a un paquet de choses dans les starting blocs. Impossible pour le moment de savoir quand tout cela va (enfin) prendre. Mais c’est pas grave, je n’attends pas. Je travaille tout azimut. Sur mes BD (un gros projet vient de s’ajouter à Aka et Remparts), sur un gros projet de sitcom avec un nouveau co-auteur (plus ou moins) mystère et sur mon avenir, qui sent de plus en plus la lavande. Je le dis depuis le début de l’année, je suis bien décidé à prendre tous les chemins qui s’offrent à moi.

Et l’air de rien, ça dégage pas mal de nouveaux horizons...
Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 14 mai 2009
Une mauvaise nouvelle (nous ne ferons pas 1924) vient de porter un sérieux coup à mon envie de raconter mon quotidien de scénariste sur ces pages. Je reviendrai quand j’aurais de vraies bonnes nouvelles à vous annoncer. J’espère juste que ça sera bientôt. En attendant, portez-vous bien.
Par Cedric Perrin
Ecrire un commentaire - Voir les 23 commentaires - Recommander

Publicité

Profil

  • : Cedric Perrin
  • dramadramadrama
  • : Homme
  • : 07/03/1973
  • : 30
  • : scénario scénariste série télé Cedric Perrin
  • : Scénariste, représenté par l'Agence Lise Arif

Recherche

Derniers Commentaires

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles

Créer un Blog

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés